Français : Fiche de lecture illustrée – « Oh les beaux jours », de Samuel Beckett

Couverture de la fiche de lecture illustrée du livre "Oh les beaux jours" de Samuel Beckett

Vous trouverez ici un extrait de la fiche de lecture illustrée de la pièce de théâtre Oh les beaux jours‘, écrite par Samuel Beckett et publiée en 1961 ; voici une présentation de l’auteur, et un exposé des points clés du roman.

Biographie de Samuel Beckett, auteur de « Oh les beaux jours« 

Photographie de Samuel Beckett

Samuel Barclay Beckett est né le 13 avril 1906 à Dublin (Irlande). Issu d’une famille chrétienne protestante, c’est le plus jeune des deux fils de Bill et May Beckett.

Enfant, Samuel Beckett jouit d’une bonne condition matérielle, grâce au travail de son père. Ce dernier, émotionnellement stable, lui donne de l’affection et une certaine sécurité.

En revanche, sa mère May Beckett est plus fragile ; elle nourrit un attachement très intense envers son garçon et a des attentes très élevées vis-à-vis de lui. Victime d’accès de colère et d’une dépression récurrente, elle se montre instable. Cela complique le rapport mère-fils. Ainsi, Samuel Beckett adulte dira : « Je suis ce que son amour sauvage a fait de moi. »

Bon élève, il fait preuve d’une bonne aptitude en latin et s’avère excellent au cricket et au rugby. Plus tard, il accède au prestigieux Trinity College de Dublin et décroche une licence en littérature moderne (française et italienne).

Photo du Trinity College de Dublin

C’est un brillant étudiant et il est choisi par son université pour donner des cours à la célèbre École Normale Supérieure de Paris. Il y enseigne à compter de 1928 et prend ses repères en France.

Beckett est un homme discret et réservé mais reste ouvert aux autres, en particulier les écrivains et intellectuels. Doté d’une immense culture, Samuel Beckett maîtrise l’anglais, le français, l’allemand et l’italien et a une bonne connaissance de ces cultures européennes.

Durant ces années actives, Beckett fait connaissance avec James Joyce (1882-1941), romancier et poète irlandais, figure très importante de la littérature moderne. Les deux hommes se trouvent des points communs : une enfance marquée par la religion (catholique pour l’un, protestante pour l’autre) et un certain rejet des conventions sociales et des institutions.

Beckett et Joyce se trouvent donc en décalage avec la société dans laquelle ils vivent. Ces échanges aideront Beckett à construire son personnage et son œuvre ; Beckett traduira même Anna Livia Plurabelle (1930), un livre de son mentor.

Quelques temps plus tard, il retourne en Irlande et devient professeur au Campbell College de Belfast. Toutefois, il se sent vite frustré et quitte son poste au bout de deux ans. Alors âgé de 26 ans seulement, il prend la décision de se lancer dans l’écriture, et renonce à la promesse d’un emploi bien payé et reconnu, celui de professeur. Ses parents regrettent ce choix radical.

Beckett s’installe en Allemagne et s’adonne à sa passion artistique, en fréquentant des galeries et travaillant ses talents. Il fait des allers-retours entre Londres et Paris mais est forcé de retourner dans son pays natal, faute d’argent.

En 1933, sa cousine Peggy Sinclair, dont il avait été amoureux, décède de tuberculose. Puis son père Bill meurt soudainement d’une attaque cardiaque. Samuel Beckett est lourdement affecté et connaît une sévère dépression. Pendant plusieurs mois, il fait une sorte d’auto-psychanalyse à Londres, essayant de comprendre l’origine de son anxiété et de ses troubles.

Finalement, Beckett s’établit définitivement à Paris et commence à publier : des poésies, des nouvelles et un roman, Murphy (1938). Ce premier roman est refusé 36 fois avant d’être finalement publié. L’auteur y donne une image triste de la vie humaine, qui tourne parfois au désastre. On y sent l’influence de James Joyce. Par ailleurs, il traduit des ouvrages qu’il a écrits en anglais, mais continue d’écrire ses livres dans la langue de Shakespeare jusqu’à la guerre (plus tard, il les rédigera d’abord en français puis les traduira en anglais).

La même année, Beckett est poignardé par un délinquant qu’il connaissait vaguement ; ce dernier n’explique pas son geste. L’auteur est hospitalisé ; à l’hôpital, il reçoit fréquemment la visite de Suzanne Deschevaux-Dumesnil (1900-1989) avec laquelle il avait l’habitude de jouer au tennis. Cette dernière l’accompagne dans sa convalescence et devient un vrai soutien pour lui.

Elle deviendra sa femme. Beckett affirmera qu’elle a contribué à son succès, en croyant en lui et en l’aidant avec constance.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le couple rejoint la résistance française mais décide de fuir Paris en 1942, lorsqu’un de leurs amis est arrêté par la Gestapo (police politique allemande). Ils s’installent dans le sud de la France et Beckett devient ouvrier agricole.

Après la guerre, Beckett cherche à publier ses œuvres mais peine à convaincre les éditeurs. En 1947, une amie de Beckett, Tony Clerx (Jacoba Van Velde), présente aux éditions du Seuil des nouvelles de l’écrivain, mais elles ne sont pas éditées. Samuel Beckett et Suzanne Deschevaux-Dumesnil vivotent à Paris, dans une France en reconstruction après la guerre.

À cette période, Beckett se rend ponctuellement en Irlande pour rendre visite à sa mère, touchée par la maladie de Parkinson. Elle décédera en 1950. Quatre ans plus tard, c’est au tour de son frère Frank de mourir d’un cancer du poumon, en 1954. Ces événements sont autant d’épreuves qui marquent Beckett et le nourrissent d’un goût fort pour l’écriture. Il trouve sa voie, consistant en une écriture très épurée et dense, sans artifice, allant à l’essentiel.

En 1953, il publie Watt, son deuxième roman. Il se tourne vers le théâtre après avoir dépassé les 40 ans.

Sa pièce de théâtre En attendant Godot (1952), représentée au Théâtre de Babylone à Paris, lui apporte la célébrité à l’âge de 47 ans. Beckett est lui-même surpris de cette réussite ; la version anglaise, Waiting for Godot, connaît le même succès.

En 1957, il réalise une nouvelle pièce appelée Fin de partie (Endgame), qui rencontre un succès moindre qu’En attendant Godot, mais consolide son statut de grand dramaturge du théâtre moderne.

L’homme reste cependant discret, préférant vivre à la campagne plutôt qu’à Paris. Il n’apprécie pas la célébrité, qu’il n’a d’ailleurs pas vraiment voulue.

Son travail est reconnu : il reçoit de nombreux honneurs, et connaît la consécration en 1969 avec le prix Nobel de littérature.

Beckett poursuit son travail d’écriture. Peu à peu, il souffre de problèmes physiques causés par diverses maladies : problèmes de vue (cécité progressive), affections articulaires (arthrite) et même maladie de Dupuytren (contracture de la paume de la main). Cela s’en ressent sur son œuvre, qui devient plus sombre, plus minimaliste encore, et approfondit les thèmes de l’incapacité et de la solitude (déjà présents dans Oh les beaux jours).

Hospitalisé à l’âge de 83 ans, il décède le 22 décembre 1989 à Paris, quelques mois après son épouse décédée en juillet.

On se souvient de lui comme un grand homme de théâtre, même si son œuvre est en réalité beaucoup plus riche.

Résumé de la pièce de théâtre  »Oh les beaux jours »

Photo d'une interprétation de "Oh les beaux jours"

Oh les beaux jours met en scène une femme d’une cinquantaine d’années, Winnie. Elle est au centre de la scène, coincée à mi-taille dans une petite colline (un « mamelon ») au milieu d’un désert. On ne sait pas pourquoi ni comment elle s’est retrouvée dans cette situation (et on ne le saura pas).

Elle se trouve accompagnée par son mari Willie, homme d’une soixantaine d’années, qui se trouve derrière elle. Il a un rôle effacé et s’exprime peu, et est parfois même désagréable. Allongé près d’un trou (dans lequel il rentre) et adresse parfois quelques mots à sa femme, lorsqu’elle lui parle. Son activité se résume à lire le journal, à regarder une carte postale obscène ou encore à essayer de rentrer dans son trou.

Malgré cette situation étrange, Winnie mène une vie banale et d’apparence heureuse, qui tourne autour de gestes et de routines : prière, toilette, inspection d’elle-même et de ses affaires, souvenirs, chanson… Elle se raccroche à son sac situé à côté d’elle, qui contient tous ses objets. Elle semble accepter le destin tragique qu’elle vit et essaye d’en tirer du positif, clamant vivre de « beaux jours ».


Vous pouvez retrouver la suite de la fiche de lecture en version PDF (ci-dessous) ou en version papier (sur le site d’Amazon)

Cette fiche de lecture de la pièce de théâtre « Oh les beaux jours » d’environ 80 pages (24 000 mots) propose un résumé complet et une analyse approfondie du livre, avec une soixantaine d’illustrations pour aider à la compréhension du texte.

Idéale en vue de préparer un examen (notamment le bac de français 2021), elle vous permettra de mieux mémoriser l’information grâce aux images.

Cette fiche contient les chapitres suivants :

– Biographie de Samuel Beckett ;

– Contexte de l’œuvre : contexte historique, politique, littéraire ;

– L’œuvre de Beckett et son théâtre : ses influences (Schopenhauer, Dante, Proust, Joyce, Yeats), son style, les thèmes abordés, la diversité d’interprétations ;

– Historique et œuvres marquantes de Beckett : évolution de ses pièces de 1952 à 1988 ;

– Présentation de Oh les beaux jours : origines, modifications préalables à la parution, résumé, structure, caractéristiques, originalités, …

– Personnages principaux de la pièce : Winnie et Willie (étude détaillée) ;

– Résumé et analyse des deux actes (avec une symbolique des éléments et objets présents) ;

– Aspects littéraires de la pièce : didascalies, théâtre de l’absurde, tragédie et tragi-comédie, ironie, les différents registres de comique présents ;

– La philosophie de Oh les beaux jours (dont un parallèle avec la figure de Sisyphe) ;

– Thèmes abordés dans la pièce ;

– Perspectives contemporaines.

Cette fiche est ainsi destinée à mieux comprendre le roman, de façon ludique, en peu de temps. Les illustrations vous aideront à mémoriser les informations. Idéal pour le bac français ou un contrôle de lecture.

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